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COMBATTRE LES PARADIS FISCAUX |

CE QUI A ÉTÉ FAIT -

CE QUI DEVRAIT ÊTRE FAIT

II – LES PREMIERS PAS DE LA CONTRE-OFFENSIVE : 2008 - 2013

1. L’UNION EUROPÉENNE ET LE G20 PRENNENT

ENFIN LES PARADIS FISCAUX AUX SÉRIEUX

Lorsque la crise des subprimes démarre en août 2007,

les paradis fiscaux ne sont pas dans le débat. Ils com-

mencent à y entrer début 2008

avec l’affaire LGT, une

banque du Liechtenstein dont l’un des anciens employés,

Heinrich Kieber, vend aux services secrets allemands pour

4-5 millions d’euros un long listing de noms de clients. Des

Français, des Britanniques, des Américains s’y trouvent avec

beaucoup d’Allemands, incitant la France et l’Allemagne à

pousser le sujet de la lutte contre la fraude fiscale au cours

de deux réunions fortement médiatisées en juin et octobre

2008.

Mais c’est lors de la

réunion du G20 d’avril 200

9 consacrée

à la régulation financière que le sujet va entrer sur l’agenda

diplomatico-économique international. De nouvelles listes

de paradis fiscaux sont publiées, les classant selon leur

degré de coopération avec les fiscs étrangers pour traquer

les individus fraudeurs. On trouve ainsi des pays « blancs

» au comportement adéquat, « gris », pas encore au point

(dont l’Autriche, la Belgique, le Luxembourg, Singapour, la

Suisse…) et « noirs », les mauvais élèves.

Il est important de souligner que

le G20 affirme alors un

double objectif

lorsqu’il décide de s’attaquer à ces ter-

ritoires :

éviter les fuites de recettes fiscales mais aussi

protéger le système financier

, ce qui reconnaît leur rôle

de facilitateur de l’instabilité financière, un effet nocif large-

ment sous-estimé. Le FMI et le Conseil de stabilité financière

sont chargés d’établir un suivi du respect des règles pruden-

tielles internationales dans ces territoires et de pointer les

dérives. Une liste de sanctions possibles à l’encontre des

récalcitrants est prévue, pouvant aller jusqu’à la suspension

des relations financières. Obligation est faite pour les fonds

spéculatifs de s’enregistrer dans les pays où ils opèrent,

ce qui va rendre l’opération moins intéressante. Enfin, on

trouve l’affirmation d’une volonté politique forte du G20 :

« l’ère du secret bancaire est révolue ».